Toute l’Europe diplomatique a fêté les 20 ans de la chute du mur de
Berlin, qui a matérialisé la fin de la guerre froide et permis de réunifier
l’Allemagne et l’Europe. Au-delà de ce pas historique vers une paix élargie, ces
deux dernières décennies ont révélé toutes les difficultés de la construction
européenne avec l’élargissement à 27 pays et notamment pour la Politique
Agricole Commune.
Avec toutes les réformes depuis 1992, la nouvelle PAC n’a pas amélioré la
cohésion sociale. En abandonnant progressivement les instruments d’intervention
sur les marchés, elle a permis le développement de la spéculation sur les prix,
comme en céréales et en lait ces dernières années. Quand les prix agricoles
flambent comme en 2007, ce sont les consommateurs les plus pauvres qui
trinquent. Inversement quand les prix dégringolent, ce sont les agriculteurs qui
sont en sursis.
Ce simple constat doit amener nos gouvernants européens à changer
d’optique et à affirmer que la véritable légitimité des politiques agricoles
réside dans la nécessité d’assurer la sécurité alimentaire de 500 millions
d’européens et de ne plus accepter la délocalisation de notre potentiel de
production.
La réunification d’une politique agricole commune et d’une politique
alimentaire commune peut redevenir l’axe fort de la construction européenne. Le
nouveau fonctionnement des institutions européennes, avec de nouveaux pouvoirs
donnés aux parlementaires européens, est une chance pour bouger les lignes
rigides de Bruxelles.