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    Informations générales / Economie et productions / 2012
 
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  13/06/2012
  Marchés internationaux des viandes

L’Europe et les Etats-Unis ne seront plus des acteurs incontournables sur le marché des viandes. Le dynamisme de la consommation et de la production se déplace en Asie et au Brésil. C’est une des leçons que l’on peut tirer du Congrès mondial de la viande qui s’est déroulé les 4, 5 et 6 juin à Paris.

Dans le sillage du prix des céréales, les prix des protéines animales seront de plus en plus élevés à l’avenir et aussi beaucoup plus volatils, estime David Nelson, expert à la Rabobank aux Pays-Bas. Comme pour les céréales, la demande de protéines animales sera plus importante à l’avenir,  à cause de la croissance démographique de la planète. Le monde aura plus de bouches à nourrir, les estimations portent sur 9 milliards d’individus en 2015. Mais ils seront aussi plus riches, notamment en en Chine, en Inde et en Indonésie qui enregistrent des taux de croissance économique compris entre 5 et 10 %. Conséquence de l’élévation du niveau de vie : la consommation de protéines animales explose, en particulier celles de porcs et de volailles. Dans les pays développés, c’est un autre scénario qui prévaut : le marché est saturé et la demande en protéines animales diminue, à la fois à cause du vieillissement  de la population et des campagnes de sensibilisation de l’opinion défavorables à la viande. En outre, les grandes zones de consommation ne recoupent pas les aires de production, du moins pour la viande bovine. L’élevage bovin viande est l’apanage de l’Amérique du sud et de l’Australie dans une moindre mesure, alors que la demande enregistre des progrès importants sur le pourtour méditerranéen et en Asie du Sud Est. En revanche, pour le porc et la volaille, la Chine et l’Inde sont en mesure de mettre en place des ateliers de production industriels à partir de céréales importées. L’Empire du Milieu est ainsi devenu en quelques années  le premier importateur mondial de maïs et de soja.

Convergence internationale

Autre facteur limitant souligné par David Nelson, le ralentissement des progrès de productivité, notamment dans les grandes cultures. Les OGM notamment n’ont pas rempli les promesses qu’on avait mises en eux : les mauvaises herbes deviennent résistantes aux herbicides et les rendements en souffrent,  notamment pour le soja. La Russie et l’Ukraine sont exposées à fortes amplitudes de production d’une année sur l’autre, en raison des caprices du climat (gel, sécheresse…). Quant au Brésil lui-même qui bénéficie de conditions naturelles très favorables, il doit faire face à des handicaps importants en matière d’infrastructures de transport pour acheminer les récoltes vers les ports d’exportation. La combinaison de ces éléments défavorables pèse sur la croissance de la production, les stocks ont tendance à se réduire sur le long terme, même avec de bonnes récoltes. Ce qui contribue à exacerber la volatilité des prix. Sans parler de la spéculation financière qui exagère les tendances.

En Europe, les experts ne s’attendent pas à un redémarrage de la production de viande. La disparition des quotas laitiers en 2015 devrait avoir une influence négative sur la production de viande bovine. Et pour ce qui est des porcs et des volailles, les réglementations environnementales et de bien être animal qui deviennent de plus en plus draconiennes en Europe et aux Etats-Unis entravent la croissance de la production. Et ce d’autant plus que les producteurs n’ont pas gagné beaucoup d’argent aux cours des dernières années. Si on y ajoute le coût de la main d’œuvre, les pays européens et l’Amérique du nord ne sont pas en mesure de rivaliser avec les pays émergents, Chine et Brésil notamment. Ce que l’on retiendra aussi, c’est que la multiplication des échanges induit un rapprochement des prix payés aux producteurs dans toutes les parties du monde. C’est déjà le cas pour le lait. Qu’il s’agisse de l’Allemagne, des Etats-Unis ou de la Nouvelle-Zélande, les prix sont dans un mouchoir. Et la même évolution est attendue pour les viandes. En revanche, observe Christophe Lafougère, directeur du Girag, une agence spécialisée dans les études de marché et les conseils en marketing il n’y a pas de corrélation entre le prix du porc et du bœuf à la production avec celui les céréales. Autrement dit, ce sont les producteurs de viande qui ont absorbé la flambée du prix des céréales en 2007/2008. Sans pouvoir la répercuter au consommateur final ! Une observation que les producteurs français de viande  ne démentiront pas.

Source: actuagri


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